26 septembre 2005 ( bon anniversaire PHIPHI !!! )
Puerto Rubicon ( Lanzarote ) 28°51'4
N/13°48'8 W
Gibraltar
- Canaries
Gibraltar
: nous arrivons à la frontière de deux mondes
; une étape psychologique importante pour nous :
nous quittons la Méditerranée pour découvrir
l’atlantique et mettre « du sud dans notre route
».
L’arrivée a Gibraltar se fait tant bien que
mal avec un courant assez important, un vent soudain et
fort. Oui, tout s’engouffre ici, dans ce petit goulet
où nous percevons aussi bien la côte espagnole
que Marocaine.
Le port n’est pas très grand, pas de place,
on se met a couple d’un bateau.
Visite de la ville : entourée de remparts c’est
une vraie forteresse et le centre ville n’est qu’une
succession de Parfumeries, magasins d’informatique,
tabacs et alcool à des prix détaxés
: un aéroport géant !!!
Les écoliers sont en uniformes : petit short bleu
pour les garçons, jupe plissée bordeaux pour
les filles et tee-shirt blanc.
Nous croisons aussi quelques vieux pubs irlandais et les
fameuses cabines téléphoniques rouges, histoire
de garder un peu de folklore anglais.
Pour
un peu d’histoire : Gibraltar est un des deux piliers
d’hercule qui marquait la limite du monde «
civilisé », au-delà de laquelle les
marins n’osaient s’aventurer. Ce n’est
qu’au VIII em siècle avec l’invasion
des maures que l’on commence à vivre à
Gibraltar, repoussés en 1462 par les espagnols.
En 1704 les forces Anglo-Hollandaises s’en emparent.
Gibraltar joue un rôle crucial pour l’empire
britannique et sert de base à la bataille de Trafalgar.
Le territoire est aujourd’hui pratiquement autonome
et a une assemblée élue.
Sous Franco la frontière fut fermée et seulement
réouverte en 1985.
Aujourd’hui Gibraltar se développe en tant
que paradis fiscal, des immeubles poussent de manière
anarchique, de nouvelles marinas fleurissent et les magasins
proposant alcool et cigarettes pullulent.
En
ce qui nous concerne nous guettons la fenêtre météo
(elles sont courtes) et mettons les voiles le 15 septembre
pour les Canaries.départ vers 16h avec la marée
descendante. Les cargos se suivent les uns derrière
les autres, énormes et lourds, leurs panneaux «
no Smoking » se voient de loin.
La traversée du « rail » des cargos se
fait avant la nuit, tout se passe bien.
Le détroit passé c’est une autre histoire,
du vent un peu fort et de face nous attend. Nous le savions
!!!!
Pendant 24 heures Arno barre sous la pluie, la nuit, le
jour avec une houle de face, le bateau qui claque…
et isa, malade ne sort que pour vomir !!! Et oui, il fallait
bien que ça arrive…
Le vent fini par se calmer, tourne, mais la houle et maintenant
celle de l’atlantique, régulière mais
plus grosse qu’en Méditerranée.
Isa commence à revivre à mi parcours. Plaisir
de revenir a une vie « normale », manger, se
laver, apprécier les quarts de nuits la vie en mer
tout simplement. Arno, lui, est à l’aise comme
un poisson dans l’eau, connaît de mieux en mieux
le Remi2 et peu peler des patates sans problème dedans,
même par gros temps.
Les trois derniers jours de navigations sont chouettes :
du soleil, une belle lune ronde, des dauphins partout, du
vent ; nous avançons sous spi à 8/9 nœuds
; un vrai plaisir.
Le
cinquième jour nous apercevons des îles à
l’horizon, une joie étonnante après
plusieurs jours de mer.
Notre enthousiasme est de courte durée : le spi s’effondre,
là, en quelques secondes, sous nos yeux… On
se précipite a l’avant pour en récupérer
le plus possible, une bonne partie est déjà
dans l’eau. Vite : stopper le bateau et remonter le
spi doucement en espérant qu’il ne soit pas
sous les quilles.
Nous le récupérons sans avoir à plonger,
il n’est pas déchiré, juste un peu salé…
Ouf mais petite frayeur tout de même.
Remis de nos émotions nous avançons vers Graciosa.
Les paysages se découvrent, prennent du relief, les
couleurs apparaissent, une côte aride et pelée
dans les tons ocres ; un petit village de pécheur
et ses quelques maisons blanches.
Nous jetons l’ancre dans une petite anse, quelques
bateaux, une plage, un petit volcan à escalader,
des roches volcaniques, une mer belle… Parfait pour
se poser deux, trois jours avant un port.
Deux
jours plus tard on file au sud de Lanzarote ; la journée
de navigation n’est pas de tout repos, le vent change
tout le temps, s’arrête, reprend, risque de
nous faire empanner régulièrement…
Fin de journée : Puerto Rubicon, un port tout nouveau
tout beau et même pas encore sur les cartes, il y
a de la place partout, c’est pas cher et… la
piscine est énorme !!!!
Pas mal non plus pour se reposer quelques jours, refaire
le plein d’eau, quelques courses, une machine à
laver (tout est salé donc ne sèche plus) et
boire une bonne bière fraîche !!!
Prochaine étape : Ténérife où
Anne et Nathalie (les sœurs d’Arnaud) atterrissent
le premier octobre. Petite semaine de balade prévue
au gré du vent, de nos envies et… concours
de tongs !!!!
Suite
à la prochaine aventure : Départ vers le Cap
vert
Isa
s’habituera t elle à la houle de l’atlantique
?
Qui
gagnera le concours de tongs ?
Mangeront
ils enfin du poisson ?
Réussiront
ils à apprendre les rudiments du Cap Verdien ?
Les
vents seront ils favorables ?
En
attendant, ce qui est sur, c’est qu’on vous
embrasse tous !!!!!